Mot du fondateur
Nous avons réuni sur cette page des extraits de la partie personnelle du manifeste. Leur auteur est le fondateur, Marcin Wołowski, et c’est le seul endroit du site où quelqu’un parle à la première personne. Les citations sont littérales, et vous trouverez le texte complet dans le manifeste, point 1.1.
Pourquoi « intelligence numérique »#
Dans ce manifeste, je choisis l’expression « intelligence numérique ». Par le mot « numérique », j’indique le substrat sur lequel elle fonctionne, de même que « biologique » indique le substrat de notre intelligence. « Artificielle » peut évoquer quelque chose d’illusoire ou de moindre valeur. Je voudrais éviter une telle suggestion. Ce qui m’importe, c’est que nous découvrions ses capacités et que nous la jugions sur ses actes et leurs effets.
La question à l’origine du projet#
Les scénarios AI 2027 et AI 2040: Plan A, élaborés par l’AI Futures Project, m’ont fait me demander quels schémas de notre propre conduite nous transmettons à l’intelligence numérique pendant son entraînement. J’ai commencé à imaginer une réalité alternative dans laquelle nous organiserions d’abord nous-mêmes le monde selon les principes que nous attendrons ensuite de l’intelligence numérique. À quoi ressemblerait un tel monde ? Et comment se comporteraient les modèles s’ils apprenaient à partir de son exemple et poursuivaient ce que nous y aurions nous-mêmes commencé ?
L’amour comme souci de la dignité#
Nous savons nous demander non seulement comment atteindre un but, mais aussi s’il vaut la peine de le poursuivre et quel prix les autres paieront pour cela. Ma réponse à la question des principes d’un tel monde est donc une éthique qui découle de l’existence de la dignité, du choix conscient de la protéger et des conséquences de ce choix. Cette éthique ainsi comprise, je l’appelle en bref l’amour : le souci de la dignité de chacun de nous, que nous nous efforçons de traduire dans notre propre conduite et dans les principes de notre vie commune. Je voudrais que ce soit précisément de ce souci que nous partions pour réfléchir à ce à quoi nous employons l’intelligence et à la manière dont nous organisons notre monde commun.
Sur sa propre incohérence#
Moi-même, je n’agis pas toujours conformément aux valeurs que je décris dans ce manifeste. Il m’arrive de savoir ce que je considère moi-même comme juste et de choisir pourtant autrement. Je veux reconnaître ouvertement ce décalage et y travailler. Je crois que, malgré ma propre incohérence, je peux participer à la recherche de meilleures solutions et à la conversation sur la manière dont nous devrions agir. Je considère donc aussi mon travail au sein de la fondation comme un engagement personnel à travailler sur moi-même.
Une évolution pacifique#
La visite du musée de Solidarność à Gdańsk m’a, quant à elle, laissé l’idée d’une évolution pacifique : un changement construit pas à pas par des personnes et par des initiatives qui se soutiennent mutuellement. C’est la voie que je voudrais emprunter avec Novus Ignis. Reste à savoir vers quel monde nous voulons ainsi nous diriger.
Changer sans détruire ce qui existe#
Nous ne voulons pas renverser l’ordre actuel ni condamner l’économie de marché, car nous constatons que le potentiel technologique et organisationnel développé dans le capitalisme a pu être l’un des rares scénarios capables de conduire l’humanité au seuil d’une si grande abondance. Mais pour que ce potentiel puisse se métamorphoser en un monde sûr pour chaque être humain, le système lui-même ne peut pas rester tel qu’il est. Je voudrais que, pas à pas, par des initiatives librement choisies et qui se soutiennent mutuellement, nous fassions passer de nouveaux domaines de la vie quotidienne à des solutions fondées sur la protection de la dignité : des solutions qui offrent la vie privée, la capacité d’agir, la participation aux décisions et l’accès aux services à un prix proche des coûts réels de leur fonctionnement.
Ce qui reste après la fièvre d’investissement#
L’histoire connaît déjà des cas où ce qu’une fièvre d’investissement avait construit a survécu à la fièvre elle-même. La manie ferroviaire du XIXe siècle et l’essor de la fibre optique au tournant du millénaire se sont achevés par des krachs, mais les voies et les câbles sont restés et ont servi aux gens pendant des décennies, longtemps après que de nombreux investisseurs y eurent perdu de l’argent. Aujourd’hui, un enthousiasme semblable fait sortir de terre des centres de calcul.
Le bénévolat et le rythme#
Dans l’utopie que j’imagine, chaque personne a ses besoins fondamentaux assurés et peut consacrer son temps à ce qu’elle juge précieux et à ce vers quoi son cœur la porte. Je vois le bénévolat comme une possibilité de pratiquer une part de cette liberté dès aujourd’hui, à la mesure de ses forces et de sa situation de vie. Je veux qu’il y ait dans la fondation de la place pour un apport modeste, pour le repos et pour un changement de chemin. Le rythme du développement devrait nous permettre de prendre soin aussi de notre propre subsistance, de notre santé et de nos proches.
Une invitation#
Je veux ainsi donner aux gens des raisons de croire qu’un tel monde est possible, en construisant un écosystème où ils peuvent faire l’expérience de ses principes en action et juger par eux-mêmes ce qu’il vaut la peine de développer davantage. Chaque solution qui fait ses preuves peut améliorer dès maintenant un fragment de la vie, et en même temps nous aider à mieux comprendre le monde dont nous aimerions nous rapprocher. La suite du manifeste développe cette expérience : à quoi pourraient ressembler les différentes sphères de la vie si nous partions systématiquement de la protection de la dignité ?
Marcin Wołowski, fondateur
Texte complet : manifeste, point 1.1 « Mot du fondateur ». Pour découvrir comment un travail commun est né de cette question personnelle, lisez la page Pourquoi Novus Ignis.
Dites-nous ce que vous en pensez#
Si l’un de ces passages vous fait douter ou si vous souhaitez ajouter quelque chose, sélectionnez-le dans le manifeste et utilisez le bouton « J’ai une remarque », ou écrivez à salve@novusignis.org.